Poules, œufs, poussins… la Sainte Famille cacaotée a repris fièrement sa place sur les étals des chocolatiers. Le secteur des Artisans, de l’industrie du Chocolat et des distributeurs ont fait en sorte que les fêtes de Pâques 2021 se déroulent dans de meilleures conditions, et ont dévoilé les meilleurs chocolats, gâteaux et œufs aux formes innovantes à commander en ligne. Découvrons comment les chocolatiers continuent d’être de vrais commerces essentiels à notre bien-être !

À la fois célébration religieuse et fête du Printemps, Pâques était l’occasion de se réunir en famille autour d’un repas et d’organiser une chasse aux œufs avec les enfants. Evidemment la situation particulière que nous traversons depuis 2020, a bouleversé nos vies et a entraîné de nombreuses conséquences notamment pour les professionnels du chocolat. Redoubler d’efforts et s’adapter auront été les leitmotiv de nos artisans du plaisir ! 

2020, retour sur une saison difficile.

Confinés en raison de la pandémie, les Français n’ont pas eu vraiment la tête à fêter Pâques et beaucoup d’artisans ont dû fermer leurs portes faute de clients et de moyens pour résister.

Selon les données Nielsen, on a pu constater que sur une période de six semaines équivalentes (jusqu’au 12 avril en 2020, jusqu’au 21 avril en 2019), l’édition 2020 a connu une chute de chiffre d’affaires estimée à 27 % (Nielsen,HM-SM-Proximité-Drive). Les deux premières semaines de confinement ont subi la plus forte baisse, autour de 46-47 %.
Tous les circuits de commercialisation ont été impactés, hormis le drive.

C’est en hypermarché que les Français ont le moins acheté d’œufs de Pâques, de l’ordre de 46%, pour la période courant sur les six semaines jusqu’au dimanche de Pâques, en comparaison à la même période un an plus tôt. À l’inverse, avec la mise en place du retrait des courses sans quitter le volant de sa voiture, la formule drive a composé la solution idéale pour ne pas manquer le passage des poules. Les ventes ont explosé de 154% via ce canal. 

“L’année dernière a été très compliquée, on n’a vendu que 50% de notre fabrication. Heureusement on a pu vendre jusqu’au mois de mai, et on a aussi donné aux hôpitaux” explique Hubert Masse, maître chocolatier « Le cacaotier »

Repenser sa stratégie pour s’en sortir.

Cette année, malgré le contexte sanitaire toujours incertain, la profession s’est mobilisée pour mettre à l’honneur les créations chocolatées et s’est adaptée au maximum aux attentes des consommateurs pour répondre à ce moment que tout le monde attend chaque année. 

Les distributeurs ont fait le choix de mettre le plus en amont possible les chocolats de Pâques dans les rayons et les allées centrales des magasins.

Le circuit du drive fait l’objet également de toutes les attentions.

Les nombreuses boutiques et réseaux de magasins spécialisés ont développé les commandes par internet, le système de click and collect et les services de livraison à domicile. Il faut aussi se dire qu’après une année d’austérité, les consommateurs savent comment s’y prendre pour acheter et éviter les situations de pénurie.

Partant du principe que la campagne 2021 ne pourra pas être plus difficile que celle de l’an dernier, les fabricants ont misé sur une offre plutôt conservatrice, mais puissamment mise en place et relayée.

La majorité d’entre eux d’ailleurs n’hésite plus à promouvoir leurs réalisations et leurs informations ‘marque’ sur les réseaux sociaux. Car les chocolatiers sont aujourd’hui convaincus que la vente sur Internet leur permettra de conquérir une clientèle plus jeune, qui échappe aujourd’hui à leurs boutiques grâce aux réseaux sociaux.

Début décembre 2020, le Syndicat du chocolat a ainsi ouvert une plateforme numérique à la disposition de ses adhérents, qui peuvent y vendre leurs produits. Et le Salon du chocolat, événement phare de la profession, a développé une marketplace sur laquelle une cinquantaine de chocolatiers proposent leurs spécialités.

Le marché du chocolat est aussi en mutation dans l’objectif de produire davantage de produits haut de gamme, ainsi que des chocolats éthiques et responsables.

Opération #Pâques Solidaires sur les réseaux sociaux
Pour ne pas oublier ceux qui souffrent particulièrement en raison de la pandémie, les adhérents du Syndicat du Chocolat se sont réunis avec l’association Emmaüs Solidarité pour organiser une opération caritative à destination des familles avec enfants en difficulté. Une distribution de chocolats de Pâques offerts par les entreprises adhérentes sera organisée le Dimanche 4 avril sur le site d’Ivry sur Seine de l’association.

Le saviez-vous ?

“C’est au XIXe siècle que l’on commence à voir apparaître les œufs tout en chocolat, notamment, à partir des années 1830, grâce au développement des techniques de travail de la pâte de cacao (dont les progrès sont considérables) et surtout grâce à l’apparition et à la diversification des moules (en cuivre ou en fer étamé), qui permettent d’obtenir des formes en chocolat de plus en plus variées”, raconte Elisabeth de Contenson, auteure de l’ouvrage Le chocolat et son histoire”

En 2019, la profession de la chocolaterie était constituée de 115 entreprises. Elle employait plus de 30 000 salariés au total (dont 15 850 en production industrielle) et participait à l’activité économique de toutes les régions françaises.

Parmi ces 115 entreprises, toutes ne sont pas françaises, on retrouve donc sur notre sol le nom de grandes enseignes comme De Neuville ou Poulain pour les tricolores, mais aussi Mondelez International, Lindt, Mars ou Ferrero pour ne citer qu’eux. Ces grands groupes ne représentent qu’une infime partie du total d’entreprises : en effet, 90% sont des Petites ou Moyennes Entreprises !

En 2019, le marché du chocolat représentait 325 458 tonnes en France. 

Avec 4,4% de ventes, les fêtes de Pâques totalisaient 13 456 tonnes de chocolat soit 293 millions d’euros !
La période des fêtes de Pâques représente une part très importante du chiffre d’affaires des chocolateries, jusqu’à 40% de leur chiffre annuel.

57% de la production française est exportée. Business is Business, notre pays exporte une grosse moitié du chocolat, notamment vers les pays proches. L’Europe en draine la majorité (avec 87% des exportations totales). Il ne faut pas oublier le reste de la production : 43% restent par conséquent dans l’Hexagone, de quoi remplir les estomacs des plus accros !

70% du chocolat est vendu en grande distribution (et très peu en chocolaterie). La plus grosse part revient aux grandes surfaces, qui vendent des dizaines de références différentes. De nombreuses marques voient dans ce système un enjeu incontournable, et tentent de s’arracher les unes les autres des parts de marché. 

Seulement 30% des ventes totales se font depuis d’autres circuits : kiosques, stations-service, distributeurs automatiques …

C’est finalement une petite part (difficile à estimer par ailleurs) qui revient aux chocolateries, qui proposent pourtant des produits artisanaux, locaux et de meilleure qualité. Ne pas bouder ces commerces de proximité est essentiel pour favoriser la survie de ces commerçants !